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Ile de France : Transports gratuits au compte gouttes !

mercredi 28 juin 2006, par *, AC ! Paris

Le conseil regional d’Ile de France communique aujourd’hui sur sa
politique sociale en matiere de transports.
La gratuité des transports en commun pour tous les chômeurs et précaires
figurait en effet parmis les premiers engagements des élus du Conseil
régional en 2004.
Le 30 juin 2006 c’est un tout autre projet qui va etre voté. La gratuité
ne concerne plus qu’une minorité d’entre nous : les RMIstes, et par dessus
le marché après 2007. Pour le reste il s’agit d’une réduction de 75 % non
plus selon les ressources mais selon les différentes catégories de
précaires.
Quid des moins de 25 ans qui n’ont pas le droit au RMI ? Des enfant ou
conjoints de chômeur ? Des sans papiers ? Et de tous ceux qui qui survivent
avec moins que le SMIC sans entrer dans les catégories bénéficiant d’une
réduction tarifaire ? : Ceux là seront toujours concernés par les amendes,
les saisies sur compte, garde à vue, expulsions au pays... et tomberont au
bout d’un certain temps sous le couperet de la Loi de Sécurité Quotidienne
qui envoit les fraudeurs en prison (jusqu’à 6 mois ferme au bout de la
10éme amendes) et continueront à supporter les augmentations de la carte
orange.

Par ailleurs, nous ne pouvons que déplorer le fait que ces 87 millions
d’Euros débloqués par le Conseil Regional finance directement les sociétés
de transports aux lieux de revenir aux premiers concernés par l’annonce de
cette mesure.


COMMUNIQUE commun AC !PARIS RATP ( Réseau pour l’Abolition des Transports Payants )

DES TRANSPORTS GRATUITS POUR TOUS ! PAS AU COMPTE GOUTTES !

T r a n s p o r t s G r a t u i t s A nous de crever le plafond... ...une nouvelle fois !!!

Pris en flagrant délit de complicité de fraude par habitude !

En 2001, la Loi de Sécurité Quotidienne (LSQ), votée sous le gouvernement de la gauche plurielle de Jospin (une loi applaudie par la droite qui n’aurait pu mieux faire), criminalisait la fraude dans les transports en commun. Créant un nouveau délit, véritable délit de « pauvreté », cette loi prévoit jusqu’à 7500 €uros d’amende et 6 mois d’emprisonnement ferme pour un usager « sans ticket » cumulant plus de 10 PV non réglés sur une période de 12 mois. Une loi qui n’est pas restée lettre morte : de nombreuses peines de prison ont été prononcées depuis 2001. Les différents organismes de transports ne se gênent pas pour porter plainte à tout va (notamment la SNCF et la RATP) contre les plus pauvres !

Quelques années plus tard, lors de la dernière campagne régionale en 2004, la gauche plurielle, ne craignant aucun paradoxe, et alors candidate à sa propre succession au Conseil Régional, inscrit dans son programme la gratuité des transports pour les chômeurs et précaires « sous condition de ressources ». Cependant, cette gratuité ne sera que partielle et ne rentrera en application qu’à partir de 2007 !...

Point phare de cette mesure : une réduction de 75% du prix de la Carte orange pour le million de franciliens démunis, à compter du 1er octobre 2006, et la gratuité pour les RMIstes en 2007. Mais nous ne sommes pas dupes ! Tous les chômeurs et précaires ne seront pas concernés. En effet, les spécificités d’attributions aux minima sociaux ne couvrent pas l’ensemble de la population précarisée. De plus, grâce à cette nouvelle mesure de gratuité catégorielle, la LSQ de 2001 reste en vigueur pour l’ensemble des précaires (chômeurs ou pas). Si le but recherché est de mettre dos à dos les usagers « ayant droit » à la gratuité et ceux « n’y ayant pas droit », mais toujours pris à la gorge à chaque fin de mois, cette mesure remplie effectivement bien sont rôle. D’ailleurs, l’ensemble des précaires supportera la hausse de tarification décidée par le STIF le 21 juin 2006 et applicable dès le 01 Juillet 2006 !

Nous ne pouvons nous satisfaire de la décision du Conseil Régional.

D’une part, cette décision est trompeuse dans la mesure où seul quelques précaires et leurs enfants auront réellement accès aux transports gratuits, les conditions d’obtention étant particulièrement basses. D’ailleurs, ces mesures de réduction ne s’appliquent pas selon les ressources, mais selon les différentes catégories de chômeurs. C’est une grande différence pour l’ensemble des précaires ! D’autre part, il ne faut pas oublier que le ticket (même unique) reste un instrument du contrôle social des sans droits, sans jamais remédier aux réels problèmes.

S e u l e l a l u t t e p a i e !

Pourtant, il y quelques années, personne n’imaginait réaliste la revendication des transports gratuits y compris pour les chômeurs ! Sans aucun doute si celle-ci est aujourd’hui entendue, et en partie mise en œuvre, cela est dû à la mobilisation de nombreux collectifs sur cette question. Bien que la gauche plurielle se vante « d’aider les pauvres », n’oublions pas que cette décision n’est pas le fruit d’une volonté politique mais d’une lutte : celle des collectifs qui ont montré l’aspect discriminatoire de l’accès payant aux transports en dénonçant le fait que le ticket ne sert qu’à contrôler et surveiller les mouvements de la population et habituer la société à des formes de contrôles de plus en plus perfectionnés, violents et permanents.

NOUS EXIGEONS LA SUPPRESSION DES CONTRÔLES

Les poursuites continuent et les amendes aussi. De nombreux précaires dont les futurs bénéficiaires de la gratuité des transports sont actuellement condamnés chaque semaine à des amendes majorées, des ATD, de la prison ferme, alors que dans quelques mois, certains voyageront gratuitement. Le système de contrôle vise uniquement à engranger « les effets positifs du contrôle social » remplissant ainsi une fonction de mise sous pression et d’évaluation permanente dont l’un des objets est la tolérance envers les contrôles, mais aussi les arrestations de sans papier, etc.

ANNULATION IMMEDIATE DES POURSUITES ET AMENDES

La prise de décision est toujours refusée aux usagers. Les inégalités de services entre quartiers bourgeois et pauvres continuent. Dans ce système, nous savons qui se fait contrôler quotidiennement ! On s’étonnera moins que les transports aient été l’une des cibles de la révolte des quartiers en novembre 2005, là où règne une vraie relégation sociale. Les transports payants sont un instrument privilégié de contrôle et « d’apartheid social », prétexte à toutes les polices.

TRANSPORTS GRATUITS POUR TOUTES ET TOUS

Après l’effet d’annonce de la gratuité des transports pour certains chômeurs et précaires, reste la réalité de son application ! Rappelons que le Conseil Régional (de gauche plurielle) a pris cette décision, contraint et forcé par nos mobilisations. Depuis 2004, le Conseil Régional a donc chercher à retarder et à minimiser la mise en place de cette gratuité partielle, et s’est surtout appliquer à faire baisser le plafond des ressources nécessaires pour réduire le nombre de précaires (avec ou sans emploi) qui auront droit à un libre accès aux transports.

C e t t e l u t t e c o n t i n u e r a !

AC ! Paris, 23, bis rue Mathis, 75019 Paris e 01 40 09 27 49
Permanence pour et par des précaires tous les mercredis de 15H à 18h. - Métro : Crimée

RATP - Réseau pour l’Abolition des Transports Payants
 http://ratp.samizdat.net  gratuit@samizdat.net

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