AC ! Réseau - Agir contre le chômage et la précarité

Accueil > Actualités sociales > Pôle Emploi : les chiffres du chômage explosent, explosons la machine à (...)

Pôle Emploi : les chiffres du chômage explosent, explosons la machine à précariser !

lundi 2 mars 2009, par Reseau Solidaire d’Allocataires

Ce lundi, envahissement solidaire de l’agence Faubourg Saint Martin ( 75010) et de l’agence Stendhal ( 75020), par des précaires en colère.

Envahissement , àquoiçasertcommentquonfait ?

L’envahissement est une pratique de lutte extrêmement simple, et reproductible immédiatement dans n’importe quelle agence : il s’agit simplement de se mettre en cercle au lieu de faire la queue, de se parler entre précaires au lieu de desespérer en silence, de défendre collectivement nos droits, plutôt que de perdre le sien parce qu’on est seuls face à Pôle Emploi.

L’envahissement permet tant qu’il dure, la présence de la direction dans le hall de l’antenne et donc la possibilité pour tous les précaires qui le souhaitent d’avoir un autre interlocuteur que la plate forme téléphonique ou l’agent d’accueil.

L’envahissement parce qu’il est à base de communications entre les allocataires permet aussi et surtout de comprendre ce qui NOUS arrive au lieu de se sentir isolé, soumis à une inexplicable injustice.

Où nous ont mené l’orientation contrainte vers les secteurs « porteurs « du marché de l’emploi.

Les discussions engagées ce matin dans des agences bondées nous ont permis de trouver un point commun à beaucoup des précaires présents : beaucoup des nouveaux inscrits dans les agences bondées ont déjà connu des périodes de chômage après un CDI il y a quelques années : à l’époque, l’ASSEDIC et l’ANPE les ont contraints à des formations courtes dans des secteurs comme le bâtiment, le nettoyage ou l’hôtellerie restauration.

A l’époque, ces secteurs étaient censés assurer de l’emploi à durée indéterminée, pour peu qu’on accepte que cet emploi soit aussi synonyme de précarité permanente : CDD, intérim, contrats aidés du type RMA, CDI à temps partiels.

Poussés par un contrôle de la recherche d’emploi de plus en plus aigu, mais aussi par une indemnisation de plus en plus courte, de plus en plus rare , et de plus en plus misérable, beaucoup de précaires ont accepté de faire des boulots non choisis ET précaires.

Ils ont travaillé plus, ils ont gagné moins et aujourd’hui, ils n’ont plus rien : dans les deux agences occupées, ils sont majoritaires parmi les nouveaux demandeurs d’emploi, et beaucoup n’ont droit qu’à une indemnisation courte et misérable : en effet , les trous d’activité , les semaines ou les mois sans mission , l’enchainement aléatoire et jamais totalement continu des CDD ou le temps partiel , réduisent inéluctablement la durée d’affiliation et le montant de l’indemnisation.

Le durcissement des règles d’indemnisation pour les précaires a notamment été accentué par la convention UNEDIC de 2006. A ce moment la propagande officielle nous promettait le plein emploi pour tous, et les salariéEs, les travailleurs pauvres étaient pour beaucoup convaincus que le chômage ne les concernait pas, ne les concernerait jamais.

Pourtant les analystes économiques de l’époque prévoyaient déjà la "crise" , et le MEDEF la préparait, avec l’aide de la CFDT et du gouvernement, en réduisant discrètement des droits dont la perte aujourd’hui réduit à la misère des centaines de milliers de personnes, qui pensaient que "les allocations chômage c’était pour les fainéasses ".

Double peine pour les précaires.

La précarisation ne se fait pas que par la destruction du Code du Travail, elle n’est pas instituée seulement par tous les contrats dérogatoires au CDI, elle n’est pas le fait que des lois votées par le gouvernement.

Elle est aussi renforcée simultanément par les conventions UNEDIC, et ce renforcement là n’est possible qu’à cause des syndicats qui acceptent de les signer.

Ainsi la "tolérance" des institutions du Travail permet un recours quasi infini au CDD et le Code du Travail des facilités sans cesse accrues de licenciement pour les CDI.

Mais la convention UNEDIC instaure, en plus de cette précarité dans l’emploi, une inégalité devant l’indemnisation, qui permet de ne pas indemniser sur la base de la durée d’affiliation effectivement effectuée !

Exemple simple.

Nous accompagnons un précaire qui a effectué un premier CDD : licencié, il s’inscrit , a le droit à sept mois d’indemnisation. Un mois plus tard, il retrouve un nouvel emploi qu’il perd au bout de quelques mois.

Si ce précaire avait bossé la même durée globale, mais en une seule fois, c’est l’ensemble de la période travaillée qui aurait été prise en compte, pour calculer sa durée d’indemnisation

Mais là, Pôle Emploi procède différemment , parce qu’il y a eu une interruption d’emploi pendant laquelle il a bénéficié d’une infime partie de son droit à indemnisation. Les deux contrats ne sont pas ajoutés, mais Pôle Emploi choisit celui des deux qui ouvre le plus de droits, l’autre n’est pas pris en compte !!!

Résultat : sept mois de cotisation non pris en compte, une durée d’indemnisation amputée d’autant

Les clandestins de Pôle Emploi.

Bêtement, vous pensiez être en situation régulière sur le territoire français avec une carte d’identité : c’est le cas, sauf dans les agences Pôle Emploi, qui ont édicté leur propre législation sur le sujet.

Partout ailleurs, même en cas de contrôle d’identité policier, et sauf si vous souhaitez voyager à l’étranger, une carte d’identité, même périmée suffit à prouver votre identité.

Mais, depuis deux ans à Pôle Emploi, encore faut-il qu’elle soit en cours de validité : sinon, rien à faire, et pas question de produire d’autres documents, peu importe que vous ayez une carte vitale, ou même un permis de conduire. Sur quelle base légale ?

Aucune , vous êtes un précaire, donc Pôle Emploi a tous les droits sur vous.

Ainsi, Mr B. a demandé un rendez-vous pour s’inscrire le 2 février : il en a obtenu un pour le 24. Mais sa carte est à cette date périmée de 3 jours. Mr B ; pense évidemment que ça n’a aucune importance, d’autant plus que le site de Pôle Emploi indique qu’en cas d’inscription antérieure aux ASSEDIC, la validité de la carte importe peu. Or Mr B ; a déjà été au chômage, l’agent qui le reçoit a d’ailleurs l’intégralité de son dossier en main, dont ses coordonnées bancaires.

Pourtant, le salarié n’en démord pas, il n’accepte pas la carte et refuse d’instruire le dossier. Mr B qui habite à deux pas de l’agence propose alors d’aller chercher son passeport et de le ramener en un quart d’heure. Nouveau refus de l’agent qui décide d’un nouveau rendez-vous….à la fin du mois de mars.
Evidemment, l’occupation de l’agence aujourd’hui permet qu’il soit reçu immédiatement et que son dossier soit instruit. Mais sans notre intervention collective, le fonctionnement règlementaire et ordinaire aurait donc abouti à ce que Mr B se retrouve pendant plusieurs mois sans aucun revenu !

Précaires, il va falloir dysfonctionner rapidement Pôle Emploi, car le bon fonctionnement c’est la suppression de nos droits !

Le temps béni des colonies , tu travailleras là ou on te dit !

Mr X a une carte de résident de dix ans : en effet, il vit en France depuis longtemps , sa famille aussi. Mais voilà, il y a France et sous France, MR X , Comorien a obtenu son titre de séjour à Mayotte, même si cela fait cinq ans qu’il vit en métropole.

Mr X a bossé sans problèmes pendant longtemps puis à la suite de son licenciement, a été indemnisé tout à fait normalement. Pendant son suivi, l’ASSEDIC décide qu’il a besoin d’une formation spécifique. Il accepte cette orientation, passe les tests avec succès et est retenu malgré le peu de places disponibles….

Alors que la formation doit commencer, les autorités qui ont prescrit la formation refusent finalement de la financer : en effet, la carte de résident de Mr X ne lui permet pas de travailler….ailleurs qu’à Mayotte.

Mayotte où il a beaucoup moins de chances de trouver un boulot qu’en métropole. De plus , son épouse , elle a une carte d’un an délivrée par la Préfecture de Paris, et un emploi dans la capitale.

A la Préfecture de Police, l’employée a été très franche : elle n’a jamais vu ça, elle trouve ça complètement absurde, mais déconseille à Mr X de faire une démarche pour obtenir l’autorisation de travailler : il risquerait de l’obtenir….mais avec une carte temporaire et de perdre son statut de résident.

A part s’il a une promesse d’embauche. Et pourquoi un patron choisirait-il un chômeur qui n’a pas le droit de travailler et ne pourra donc occuper son emploi qu’après deux ou trois mois de traitement du dossier ?

Nettoie la merde et mange là !

A Pôle Emploi Stendhal, alors que le directeur s’emploie à résoudre un autre cas, sous la pression collective, une femme nous aborde : depuis deux mois, elle n’a perçu aucune allocation, elle ne sait ni lire, ni écrire, et pour seule explication, au guichet on lui a dit qu’il devait s’agir d’un trop perçu récupéré sur ses allocations.

Elle est femme de ménage à temps partiel dans les hôtels de prestige : seulement, depuis la « crise », elle a beaucoup moins d’heures. Rassurons-nous, les palaces ne sont pas moins occupés, mais les boîtes de nettoyage ont simplement augmenté le nombre de chambres qui doivent être nettoyées en une heure !

A L’ANPE, on lui a donné un historique de ses droits avec la mention « doit faire une demande RMI « . Elle a donc pris une matinée pour aller instruire un dossier, le problème, c’est que le document indique qu’elle a des droits au chômage ouverts , jusqu’à ce jour ! Et donc aucun droit au RMI.

Nous même ne comprenons absolument rien à ce document.

Mais nous sommes nombreux et la direction est donc contrainte de nous expliquer.

Une fois dans un bureau, il s’avère qu’il n’y a aucun trop perçu. Le versement du mois dernier a tout simplement été zappé, suite à un problème dans le traitement des fiches de paye !
Et celui de ce mois part en retard , comme pour beaucoup d’autres précaires en activité partielle.

Et après examen du dossier, il s’avère que madame a le droit à l’allocation de solidarité spécifique, puisqu’elle a bossé cinq ans dans les dix dernières années, qu’il n’est donc pas question de RMI, mais de se dépêcher de faire le dossier car le temps de traitement est long, à cause …des retards.

Tout est bien qui finit bien ?

Non pas vraiment. Une bonne part des allocations va être engloutie dans le paiement des agios , car des prélèvements ont été rejetés.

Pendant l’envahissement, les précaires qui ont des difficultés avec le site Internet, en rade pendant deux bonnes heures, avec le déchiffrage de leurs courriers, avec le 39 49 ont pu être reçus ou accompagnés. Quelques difficultés ont été résolues, dans une mer de misère organisée

Mais, Pôle Emploi est une machine à broyer qui fonctionne en continu et en réseau avec les employeurs, avec la Préfecture de Police.

A nous d’être suffisamment solidaires et combatifs pour faire dysfonctionner la machine : la seule barrière qui nous en empêche est dans nos têtes, et le seul effort à faire, c’est d’arrêter de faire la queue l’un derrière l’autre et d’exiger nos droits ensemble !

Radié, plus un sou, fatigué du contrôle, vous êtes prêts à oser concrétiser vos colères ?

Passez nous rencontrer !

Rencontrons-nous, informons, résistons, créons nos solidarités face à leurs précarités

Permanence de lutte, pour et par des précaires tous les mercredis de 13h à 14h devant la CAF Jaurès,métro Laumière ou Jaurès.

Et ensuite, diffusion ou rédactions de tracts, envahissements, actions de solidarité, accompagnements collectifs dans les institutions, …

Reseau Solidaire d’Allocataires
Mail : ctc.rsa@gmail.com
Tel : 09 54 70 66 22
Site : http://www.collectif-rto.org ou http://www.ac.eu.org

Messages

  • Je ne m’étonne plus qu’il y ait autant "d’erreurs" et de "dysfocntionnements" jetant des gens encore plus dans la galère.

    Quand je constate qu’au simple niveau informatique et tenue des dossiers des demandeurs d’emploi, on se retrouve à avoir signé des tas de trucs qui changent de nom régulièrement, sans avoir été averti ni bien sûr signé quoi que ce soit.

    C’est assez aberrant de constater que j’ai de nouveau signé un parcours d’accompagnement professionnel (appui cette fois) sans avoir vu un seul conseiller, ni eu un entretien téléphonique et encore moins eu un courrier. C’est le troisième, à ce jour depuis le début de l’année, qui change de nom ainsi.

    Quand on envoie un mail pour protester, le nom du truc change mais il est toujours stipulé qu’on l’a toujours signé !!

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.