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Comment dissuader les AVS d’exiger leurs droits.

AVS : la culpabilisation et les abus, ça suffit

Les vacances scolaires, cache-misère de la précarité totale

dimanche 3 janvier 2016, par AC ! Ile de France

En signant unCUI-CAE dans l’Education Nationale, vous n’aviez certes pas l’impression de devenir un privilégié : à 670 euros de salaire, en temps partiel imposé, en contrat ultra-précaire de deux ans maximum avec quasiment Zéro pour cent de chances d’être reconduit ensuite, on n’a pas le sentiment immédiat d’entrer dans le monde des grands chanceux.

Pourtant, très vite, vous apprendrez de la hiérarchie que vous êtes une sacrée veinarde, qui serait vraiment gonflée de se plaindre de quoi que ce soit.

Pensez-donc, vous avez LES VACANCES SCOLAIRES.

Vous, ça vous semblait tout juste logique. Accompagnant un enfant en situation de handicap , ce n’est pas vous qui avez choisi les périodes de fermeture de l’établissement scolaire. Et on voit mal ce que vous viendriez y faire, quand ils sont vides, puisque votre emploi consiste à assister les élèves sur le temps scolaire.

Vous n’avez pas contraint non plus l’Education Nationale à vous embaucher en CUI-CAE d’une période minimum de 6 mois, incluant forcément des vacances scolaires. Si l’Education Nationale choisit ce type de contrats, c’est pour deux raisons : d’une part, parce que vous ne lui coutez que 30 % de votre salaire, le reste étant subventionné surles fonds du Ministère du Travail. D’autre part, si les contrats sont souvent d’une année, c’est aussi parce qu’en faire de plus courts pose d’énormes problèmes d’organisation et de recrutement à l’employeur, qui a fait son calcul et trouvé que c’était mieux pour lui de vous payer ces fameuses vacances.

Pour vous ces vacances n’en auront que le nom, le plus souvent : quand on vit avec un salaire aussi bas, on ne peut évidemment pas aller se dorer la pilule au soleil. Bien souvent, on cherchera plutôt un complément de salaire, et un autre emploi.

Mais peu importe : quel que soient vos revendications sur vos conditions de travail, on vous opposera cet énorme avantage .

Psychologiquement, ça ne fonctionne pas si mal : en effet, la tentative de culpabilisation s’adresse à des précaires, qui souvent, ont connu des conditions de travail encore pires, dans l’aide à domicile, dans l’assistance aux personnes âgées. A des personnes qui ont connu les misérables minima sociaux, la vie quotidienne avec presque rien, la stigmatisation sociale.

Du coup l’argument fait mouche, et déclenche un malaise propice à tous les abus de droits. Comme des formations hors temps de travail non rémunérées présentées comme obligatoires, ce qui estillégal.

Mais celles et ceux qui ont occupé d’autres emplois le savent : lorsque celui-ci exige une adaptation au poste et des savoirs préalables, la formation, en général a lieu avant la prise de poste, pour ne pas porter préjudice à l’entreprise. Un employeur ne va évidemment pas , par exemple, mettre en poste un salarié sur une machine qu’il ne maîtrise pas, ou en face des clients alors qu’il ne connaît aucune des spécificités de la boîte. L’adaptation au poste est une nécessité et une commodité pour l’employeur , raison pour laquelle il la met en place avant l’entrée dans l’emploi concret.

Mais en ce qui concerne la situation des Auxiliaires de Vie Scolaire, qui va pâtir de l’absence de formation du salarié préalable à la prise de poste ? Le salarié lui même et l’élève. Raison pour laquelle le respect partiel du droit à la formation a été acquis au prix de dures luttes ET de procès aux prud’hommes intentés par des salariés en CUI-CAE. Au départ, en effet, l’Education Nationale éludait son obligation de formation en prétendant notamment que celle-ci se faisait « sur le tas », et était assurée par le « tuteur » , en l’occurrence le directeur de l’établissement ou un enseignant pendant le temps de travail. Une fiction ridicule qui a été battue en brèche par la jurisprudence.

Contrainte et forcée d’appliquer la loi, l’Education Nationale tente aujourd’hui dans certains rectorats de le faire au moindre coût : en imposant le temps de formation, soit pendant le temps de travail, pour le plus grand préjudice des élèves qui ont besoin de leur AVS. Soit en la programmant hors temps de travail, pour le plus grand préjudice des salariés.

Et de manière globale, en refusant toute période de formation AVANT l’entrée en poste, élèves , salariés AVS et autres membres de la communauté éducative sont pénalisés : pendant plusieurs mois, les difficultés induites par le manque de formation préalable de l’AVS empêchent une action efficace et coordonnée de tous au service de l’élève.

C’est donc bien notre employeur qui a toutes les raisons de culpabiliser et pas nous : si le bien-être et la réussite dans leurs projets des élèves en situation de handicap était vraiment la priorité affichée, cela se verrait dans le statut des salariés AVS.

C’est tout le contraire : nous ne coûtons presque rien à l’Education Nationale, mais c’est encore trop . Il n’y a aucune possibilité d’heures supplémentaires pour les sorties scolaires, pour les séjours en classes vertes ou autres. Nous avons une amplitude horaire importante du fait des pauses très longues entre le matin et l’après-midi, non payées sans que pour autant, nous ayons un accès à des tarifs vraiment sociaux pour la cantine, ou la possibilité d’accéder facilement à un poste d’animateur dans ces mêmes cantines. Nous n’avons aucun moyen d’échapper au temps partiel imposé, à part celui de trouver un second emploi. Nous sommes des salariés de droit privé, et soumis à ce titre à des jours de carence plus importants en cas d’arrêt maladie.

Comme tous les métiers impliquant un travail avec des personnes en difficulté, le métier d’AVS nous expose à un stress particulier, à des difficultés psychologiques spécifiques....auxquelles nous ne sommes même pas préparés. On ne quitte pas émotionnellement et mentalement son univers professionnel aussi facilement quand on travaille avec un enfant en situation de handicap que dans d’autres métiers.

Les vacances scolaires , c’est donc bien le moins.

Nous dire que c’est encore trop, c’est bien la marque d’un mépris profond que nous n’avons pas à tolérer.

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